En quelques mots, en quelques liens

Depuis 1999, des chercheurs appartenant à différentes unités de recherche, en France, au Québec, au Brésil, au Mexique, se sont réunis en réseau afin de conjuguer leur compétence dans la mise en œuvre de programmes de recherche et de rencontres à propos de la production et de la médiation de l’information, et du journalisme.

La forme de travail, progressivement élaborée et évolutive, a montré sa pertinence et sa productivité. Les travaux connaissent une visibilité croissante grâce à l’organisation décentralisée de séminaires du collectif ouverts à d’autres chercheurs, et grâce à l’édition d’ouvrages collectifs (voir ci-dessous). La productivité du réseau se mesure aussi aux réinvestissements que les chercheurs qui le composent effectuent dans leurs propres ouvrages, dans les manifestations qu’ils organisent et que le REJ soutient, et dans leurs laboratoires respectifs, cette dialectique alimentant à la fois le réseau et ce domaine de la recherche. Au total le réseau a construit une méthode et une dynamique de travail qui lui permet de développer une approche multidimensionnelle des transformations du journalisme et de produire des hypothèses nouvelles pour en rendre compte, rencontrant ainsi l’intérêt croissant de la communauté scientifique.

La vitalité du réseau est liée à sa relative indépendance par rapport aux enjeux de pouvoir inhérents à toute recherche. Sa force réside dans sa capacité à apporter des réponses pragmatiques aux problèmes d’organisation, à inventer au fur et à mesure des modalités de fonctionnement partagé. Son inscription dans la longue durée s’explique dans son identité scientifique ouverte et plurielle, dans le respect de règles qui préservent la souplesse et renforcent l’autonomie tout en garantissant la cohérence.

 

Les ouvrages collectifs du REJ.

Inform@tion.local. Cet ouvrage offre une étude de terrain sur un phénomène à peine naissant : la rencontre entre la presse de proximité et les potentiels de développement de l’information offerts par Internet. La multiplication des discours utopiques sur  » l’Internet libertaire  » a pu laisser penser que l’hégémonie de la presse locale pourrait être remise en cause par des acteurs locaux capables de rivaliser avec les groupes de presse dominants. Dans cette redistribution du pouvoir de l’information locale, l’Internet justifierait de nouvelles alliances, de nouvelles synergies économiques et politiques.

Référence complète: B. Damian, R. Ringoot, D. Ruellan, D. Thierry (dir), (2002), Inform@tion.local. Le paysage médiatique régional à l’ère électronique, L’Harmattan, 308p.

Le journalisme en invention. La multiplication des publications en ligne et des magazines de marque, le phénomène des blogs, le déclin de la presse d’information générale payante et le succès de la presse gratuite et des magazines, voilà autant de transformations à l’œuvre dans les médias. Est-il possible de rendre compte de ces mouvements autrement qu’en termes de confusion, de subversion, de domination, de renoncement ? Partant du postulat que le journalisme n’a jamais eu l’homogénéité qu’on lui attribue, les contributeurs de cet ouvrage s’efforcent de décrire des objets en mutation dans une perspective non normative.

Référence complète: R. Ringoot, J.M. Utard (dir), (2006), Le journalisme en invention. Nouvelles pratiques, nouveaux acteurs, PUR, 218 p.

Figures du journalisme. Ce livre complète le cycle de recherche entrepris en 2002 par le Réseau d’études sur le journalisme (REJ) sous le thème Hybridation et création des genres média­tiques. Le REJ a publié en 2005 un premier ouvrage issu de ces travaux sous le titre: Le journalisme en invention, nouvelles ­pratiques, nouveaux acteurs qui fédérait les analyses de plusieurs équipes sur des phénomènes observés à l’échelle de la France.
Ce second ouvrage élargit la scène à d’autres lieux du ­monde où ont émergé d’autres « genres » de journalisme et où l’on rencontre des hybridations parfois innovantes, parfois surpre­nantes. Ce que désigne le terme journalisme apparaît encore plus large et changeant. Cette diversité, liée à la géographie, à l’histoire, aux différences culturelles et sociales, multiplie les objets, les énonciations, les stratégies, et les « conceptions nationales », à prendre en compte pour étudier le journalisme et les recherches qui lui sont dédiées.
Mais, à travers des contextes différents et des changements, le journalisme d’aujourd’hui se révèle plus que ­jamais un même. Car le centre fondateur du journalisme demeure en Occident, d’où a émergé comme dominante une conception fortement liée à une vie politique/étatique jugée à l’aulne du modèle « démocratique ». C’est ce qu’illustre ce livre qui présente quelques figures de la réalité contemporaine du journalisme en divers lieux du monde.

Référence complète: D. Augey, F. Demers, J.-F. Tétu (dir), (2008), Figures du journalisme. Brésil, Bretagne, France, La Réunion, Mexique, Québec, Presses de l’université Laval (Québec), 184 p.

Journalistes et citoyens : qui parle ? Ce dossier constitue la première étape d’un programme en cours qui questionne la notion d’ordinaire dans le champ du journalisme. Dans cette perspective, les travaux que nous présentons étudient la manière dont l’ « ordre du discours  » journalistique cherche à intégrer, absorber, tirer profit de ou rejeter d’autres pratiques discursives dispersées, en périphérie ou à l’intérieur de l’espace médiatique. La complexité des situations et les jeux de négociations engagés par les acteurs remettent en cause toute une série de frontières sociales et symboliques : celles du territoire éditorial, celles de l’identité professionnelle des journalistes, celles des formes d’intervention dans l’espace public ou celles de l’ordre du discours journalistique. Il faut ici s’intéresser à l’intrusion de l’ordinaire, entendu comme l’absence de qualification, une parole de non-spécialiste, par opposition à l’énonciation des experts identifiés par un nom propre. La montée en puissance de l’expression de l’usager et l’apparition de divers lieux de production d’informations en dehors des espaces labellisés, notamment sur et grâce à Internet, correspondent à une fragmentation et à une personnalisation de l’offre médiatique, et plus généralement des pratiques sociales, et à des tentatives d’incarnation du lien social de part et d’autre de la médiation. Comme ces phénomènes n’ont pas fait disparaître l’hégémonie des médias référents en matière de diffusion de l’information, et que cette situation leur préexiste, l’étude des pratiques collaboratives médiatiques a été privilégiée plutôt que celle des seuls médias labellisés Web 2.0.

Référence complète: V. Croissant, A. Touboul (dir), (2010), dossier de la revue Communication et langages, n°165.

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